Je n’ai pas retrouvé ma vie d’avant, j’ai retrouvé l’envie d’avancer.

« Si vous n’y arrivez pas, ce sera le fauteuil électrique »

En sortant de l’hôpital, on vous donne un déambulateur et on vous dit ça. Ça résonne toujours en moi. Je pensais qu’il fallait réapprendre avec le fauteuil manuel, et presque aller jouer au volley. Wow. Le coup de grâce.

J’ai été infirmière durant trente ans. J’ai passé ma vie à accompagner les autres. Du jour au lendemain, avec ce déambulateur, je suis devenue « senior » dans le regard du monde. Pour certains, j’étais quasiment déjà à la retraite. Comme si l’objet que je poussais devant moi disait mon âge, mes capacités et mon avenir à ma place.

Retrouver l’envie d’avancer après un handicap, je ne savais même pas que ça allait devenir mon sujet. À ce moment-là, je me sentais simplement en situation d’échec.

Ce que personne ne vous dit sur les mois qui suivent

Le mot handicap, je ne l’aime pas beaucoup. Mais, il y a bien une sensation qui s’installe : on ne se sent plus tout à fait comme avant. On n’avance plus. On ne prend plus la voiture. Chaque déplacement devient une équation et toute une organisation.

Puis il y a le corps. Après des mois passés allongée, les muscles fondent. Je n’arrivais plus à faire de marche arrière, juste un pas en arrière. J’avais perdu ma stabilité.

Je suis créatrice de bijoux botaniques émaillés. Un travail debout, précis, où on se déplace autour de l’établi sans même y penser. Enfin, sans y penser avant. Quand un pas en arrière devient un problème et que la stabilité n’est plus là, c’est toute l’activité créatrice qui vacille avec. Et, avec elle, un gros morceau de qui je suis.

Alors le cercle se referme, tout doucement. Moins on sort, moins on a envie de sortir. On décline une invitation, puis deux. On s’exclut presque de sa famille, de ses amis, plus envie de voir personne. On reste dans sa chambre.

Je ne raconte pas ça pour faire pleurer dans les chaumières. Je le raconte parce que personne ne m’avait prévenue que le plus dur ne serait pas le déambulateur. Le plus dur, c’est que d’un seul coup, tous nos projets sont anéantis.

Le problème des cases

Un petit truc sur moi : je suis plutôt anticonformiste. Toute ma vie, dès qu’on a voulu me mettre dans une case, j’ai fait exactement l’inverse. J’aimais être challengée, c’était mon moteur. Là, tout à coup, on te dit « tu dois faire ça », « il faut ». Comme si tu étais devenue sénile du jour au lendemain. On a tous des peurs à régler. Le perfectionnisme, le jugement et d’autres. Soudainement, elles remontent toutes à la surface. Une case toute prête m’attendait : personne handicapée, senior, ancienne infirmière. Des normes partout. Je me sentais très mal. Je ne voyais pas d’issue. À ce moment-là, une rencontre peut modifier le cours de l’histoire.

Imaginez : vous touchez le fond de la piscine. Et, une impulsion vous repropulse pour sortir de l’eau. C’est cette impulsion-là que Mélanie m’a aidée à retrouver.

Mélanie et l’arbre d’identité profonde : reprendre de l’élan

Par quelqu’un d’interposé, j’ai rencontré Mélanie. Nous avons travaillé sur mes intentions. Pas sur ma rééducation, pas sur mes douleurs. Sur ce que je veux vraiment, moi.

On a fait ensemble ce qu’elle appelle l’arbre d’identité profonde. Concrètement, ça m’a permis de voir trois choses :

Mes richesses, celles que j’avais encore, parce qu’il y en avait, même si je ne les voyais plus. Et, parmi elles, mes valeurs, qui ne m’avaient jamais quittée : l’autonomie, l’esthétisme, le voyage, le plaisir d’apprendre. Quatre mots sur un arbre. Quatre moteurs dans ma vie, à vrai dire. L’autonomie m’a fait chercher mes propres solutions plutôt que d’attendre qu’on décide pour moi. L’esthétisme m’a ramenée vers les bijoux et les jardins. Le voyage m’a remise dans les trains. Enfin le plaisir d’apprendre m’a incitée à me former, encore. Comprendre nos ressources, nos piliers, nos valeurs, tout ce qui nous ressource afin de reprendre son élan.

De là sont sorties mes priorités. Vivre plus pour moi, en fonction de mes besoins et de mes désirs, et non à travers les autres. Mettre de côté le jugement, celui des autres comme le mien, car le sien est même le plus ravageur.

Ce n’est pas de l’égoïsme. Je m’en suis rendu compte très vite : parce que quand ça fait du bien, ça fait du bien aussi à mon entourage. À mon mari, à mes enfants, à mes amis. Je suis beaucoup plus disponible pour eux. Alors que quand on est dans la douleur toute la journée, on est moins réceptif, et on s’enfonce. On offre mieux quand on se sent mieux.

Retrouver l’envie d’avancer après un handicap, concrètement

Après avoir arrêté mes cachets contre la douleur (c’était ma décision, dans ma situation, chacun a la sienne), j’ai fait une découverte : quand je marchais, ça allait bien. C’était la position statique qui était très douloureuse, debout sans bouger, ou assise.

Alors, j’ai organisé ma vie autour de ça. Je me suis inscrite au sport, certains jours de midi à 14 heures. Oui, en salle de sport alors qu’avant, je n’y allais pas. Ces créneaux-là, je ne les négocie pas. Aucun rendez-vous ne passe avant, parce que je sais ce que ça m’apporte. Ça peut paraître rigide dit ainsi. En réalité, c’est la chose la plus libératrice que j’aie mise en place et j’y prends plaisir et c’est aussi un endroit de rencontre.

Puis il y a eu le rollator. Au début de ce blog, je disais : « Ah non, on ne parle pas de rollator. » C’était ma ligne rouge, mon objet tabou. Vous lisez pourtant ces lignes sur un blog qui s’appelle Movijou, et qui parle de sorties avec ou sans rollator. Cherchez l’erreur.

Voilà ce qui se passe quand on met les jugements de côté. La chose qu’on cachait devient la chose dont on parle. Parfois même la chose qui redonne un cap.

Aujourd’hui, j’aime le dire de cette façon : le rollator, c’est comme une paire de lunettes. Les lunettes servent à voir, le rollator sert à bouger, à sortir. Comme les lunettes, c’est un accessoire qu’on ne peut pas cacher. Alors pourquoi vouloir le cacher ?

Pas récupéré, mais retrouvé l’envie d’avancer

Je n’ai pas retrouvé ma vie d’avant. Je ne referai pas de marche arrière comme avant, je ne redeviendrai pas l’infirmière que j’étais, et « Ma Rolls », le surnom de mon rollator, fait maintenant partie du paysage.

Depuis peu j’ai retrouvé l’émail et les bijoux botaniques émaillés, l’atelier, autrement, à mon rythme. J’ai retrouvé l’envie d’avancer. Honnêtement, ça fait réfléchir et nous ouvre les yeux. Reprendre de l’élan pour avancer dans de nouveaux projets

Ainsi, pour entretenir cette envie, je me suis lancé un défi : une sortie fleurie par semaine, un jardin ou un lieu en fleurs, que je raconte sur mon autre blog, YouZENme. C’est ce rendez-vous hebdomadaire qui me donne le punch pour vous écrire et partager ici. Une semaine, une sortie, un article. Le mouvement appelle le mouvement.

Créer son journal d'intentions pour retrouver de l'élan et l'envie d'avancer.

💛 Merci Mélanie

Cet article n’existerait pas sans Mélanie. Ce blog non plus, d’ailleurs. Ce travail sur les intentions, elle le propose désormais sous forme de journal d’intentions, un classeur personnalisable pour avancer à son rythme, en priorisant ce qui compte vraiment pour soi. Semer, arroser, récolter. Forcément, ça me parle, mais surtout ça m’a permis de reprendre de l’élan et de retrouver l’envie d’avancer après un handicap.

Vous pouvez retrouver Mélanie, le paon perché, sur Instagram et jeter un œil si vous êtes en transition de vie. Elle offre un véritable accompagnement et avec son magnifique journal d’intentions, idéal pour retrouver ses priorités. Merci Mélanie.

Je n'ai pas retrouvé ma vie d'avant, mais j'ai retrouvé l'envie d'avancer. Retrouver son élan se définit en différentes phases

Ressources

Le Journal d’Intentions de Mélanie Flament, créatrice de l’Arbre d’Identité Profonde®

Pour retrouver Mélanie : son Instagram

Mon défi, une sortie fleurie par semaine, sur YouZenme

Pourquoi Movijou? En savoir plus

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J’espère vous retrouver bientôt pour une prochaine sortie sur Movijou.

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