Déambulateur ou rollator, deux termes pour désigner une aide technique à la marche. Et pourtant, ils ne produisent pas la même image, tant pour l’utilisateur que pour notre société.
Dans cet article
Qu’est-ce qu’un déambulateur ou rollator, vu du dico ?
Ouvrons le Robert. Le déambulateur, c’est un « cadre à pieds qui sert d’appui aux malades ayant des difficultés à marcher ». Le Larousse : « appareil comportant un cadre rigide ou articulé et servant d’appui à certains handicapés pour se déplacer ».
Ces mots, malades et handicapés, sont lourds de sens. Et ils pèsent.
Et le mot rollator ?
La langue officielle ne lui a pas encore trouvé sa place. En 2026, le Larousse a accueilli micromobilité : « ensemble des moyens de déplacement individuels légers, compacts et facilement transportables ». Le rollator, lui, est toujours absent. Toutefois, il est léger, compact, simplement transportable, tandis que cette aide à la marche est utilisée par des millions de personnes en Europe.

Dans la vie quotidienne française
Pour l’Assurance Maladie, le déambulateur appartient aux aides à la déambulation, au même titre que les cannes et les béquilles. Les médecins disent déambulateur, les fabricants disent rollator, les familles disent ce qu’elles ont entendu : souvent le mot du médecin, parfois celui du magasin où elles ont acheté, parfois celui du pays où elles vivent. Et nous, on dit ce qu’on veut.
Les images qui renforcent les clichés
Le déambulateur en France est prescrit après une opération, en cas de troubles de l’équilibre, de maladie neurologique, de fracture… Des situations qui concernent toutes les générations, pas uniquement les personnes âgées. Mais lorsque j’ai voulu chercher des photographies libres de droit montrant une personne qui utilise un rollator sans être âgée, le choix est moindre. Fréquemment, elles apparaissent dans un couloir d’hôpital, près d’un lit médicalisé ou d’un soignant, mais très peu dans un lieu social ou culturel : un musée, la piscine (et je remercie ceux qui en mettent à disposition) ou au marché, dans un transport public.
Et pourtant, le déambulateur ou rollator ne connaît pas d’âge.
Qui a inventé le rollator ?
Une Suédoise, Aina Wifalk, atteinte de poliomyélite en 1949 à l’âge de 21 ans, interrompit ses études d’infirmière, puis travailla comme assistante sociale aidée de béquilles, entraînant d’importants problèmes d’épaules. En 1978, dans une bibliothèque, elle vit un chariot à livres sur roues qui lui donna l’idée de créer sa propre aide à la marche. Son prototype fut prêt en 1978 et produit trois ans plus tard. Elle ne déposa jamais de brevet pour que celui-ci soit accessible à tous. Elle décéda à l’âge de 55 ans en 1983.
Lorsque j’ai traduit le texte en anglais, celui-ci mentionnait le mot walker, traduit littéralement : marcheur.
Ma rolls, ou comment on se réapproprie un objet
Moi, mon rollator, je l’appelle « ma rolls ». Mon mari me demande souvent : « Je mets ta rolls dans la voiture ? » Ce petit nom est venu tout seul. Ça met un peu d’humour. Et surtout, ça montre que cet objet fait partie de ma vie et que je l’ai vraiment adopté.
Je ne vous cache pas que j’ai eu du mal au début à accepter ce handicap et d’avoir un déambulateur. J’avais le sentiment de vieillir, de perdre ma liberté, de ne plus pouvoir conduire, danser… Et notamment la peur de la dépendance.
C’est devenu pour moi comme une paire de lunettes, un accessoire qui, j’espère, deviendra un jour un objet de mode. Et y contribuer, c’est peut-être un des buts de ce blog.
Le bon rollator, ça se choisit avec un professionnel
Avant de parler de design ou de surnom, il y a une étape incontournable : demander l’avis d’un professionnel de santé. Médecin, kinésithérapeute, ergothérapeute : chacun peut vous orienter vers l’aide technique à la marche la plus adaptée à votre situation.
Parce que les différences entre les catégories sont réelles :
- Le cadre fixe sans roues : stable, pour les courts déplacements en intérieur
- Le déambulateur 2 roues : un compromis pour ceux qui ont besoin d’un appui fort
- Le rollator 3 roues : plus maniable, plutôt pour l’intérieur et les petits espaces
- Le déambulateur à roues ou rollator 4 roues : le plus polyvalent, intérieur et extérieur, avec freins et souvent une assise. De nombreux accessoires sont disponibles : sac, panier, porte-canne, tablette…
- Le rollator convertible : certains modèles combinent rollator et fauteuil, permettant d’alterner marche et position assise selon les besoins et la fatigue du moment
La sécurité et le confort passent avant tout. Mais une fois ces critères remplis, le design a toute sa place. Parce qu’un rollator qu’on aime emmener, c’est un rollator qu’on utilise vraiment.

Et vous, comment vous l’appelez ?
Déambulateur ou rollator, walker, cadre de marche, ma rolls… Le nom que vous lui donnez, peu importe, quoiqu’un peu curieuse aussi. Ce qui compte pour moi, c’est ce qu’il représente pour vous. Est-ce qu’il vous a permis de reprendre les transports, de retourner au marché, de vous promener dans un jardin ? Ou alors, est-ce qu’il attend toujours dans l’entrée parce que vous n’avez pas encore trouvé le bon modèle, le bon mot, la bonne façon de le voir ?
Racontez-moi en commentaires.
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Mes sources pour cet article déambulateur ou rollator
- Aina Lucia Wifalk
- https://dictionnaire.lerobert.com/definition/deambulateur
- En savoir plus sur Moi Véro

